Graffiti de Chinon

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Dans le château de Chinon, la Tour du Coudray est l’un des rares donjons "Philippe Auguste" en France, qui ne soit pas encore détruit. Cette tour cylindrique de 25m de haut comprend trois étages reliés par des escaliers de pierre construits dans l’épaisseur de la muraille qui mesure à la base 3,25m d’épaisseur.

Au rez-de-chaussée, se trouve une salle circulaire voûtée sur six nervures ; la hotte de la cheminée a disparu. En entrant sur votre gauche, vous pouvez voir les nombreux graffiti qui auraient été laissés par les dignitaires de l'Ordre des Templiers (Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, Raimbaud de Caron, Geoffroy de Charnay) qui y furent détenus en 1308 au cours de leur transfert de Paris à Poitiers, où ils devaient comparaître devant les autorités ecclésiastiques chargés de les juger.

Une étude très approfondie sur les graffiti est parue dans la revue Atlantis sous le titre "Chinon et l'énigme templière".
Mais ces graffiti sont-ils tous de la main des Templiers emprisonnés ?

L'un des plus beaux graffiti évoque un moine encapuchonné dont le visage vu de profil a le regard fixé sur un coeur flamboyant (en relief).

Photo des Graffiti de Chinon



Pour ma part, je trouve ce portrait fort ressemblant avec celui que j'ai pu voir du moine bénédictin Dom Bernard de Montfaucon (1655-1741). Né au château de Soulatgé dans l'Aude, il fut l’un des savants érudits les plus distingués qu’ait produit la Congrégation de Saint-Maur. Vers 15 ans, il dévorait durant 7 à 8 heures par jour les livres dont il disposait, en particulier ceux de la bibliothèque de Nicolas Pavillon, évêque d'Alet. Il fonda l’archéologie en tant que science en appuyant l’histoire non seulement sur les textes, mais aussi sur les monuments et vestiges du passé. Ce serait son portrait, une évocation de ses découvertes archéologiques, en aucun cas le prisonnier de la tour du Coudray.

Bernard de Montfaucon





Le Templier s'incline devant le calice; il tient un écu sur lequel est représenté l'ennéade ou le chrisme. Sur la droite figurent les instruments de la Passion.

Graffiti de Chinon



IN HOC SIGNO VINCES - le CHRISME XP (khi ro)





Le moine a la bouche ouverte, comme effrayé par la vision de la tête de mort auréolée inscrite dans une sorte de S (ou spirale). Cette allégorie signifie-t-elle simplement que le moine s'apprête à affronter la mort ? Ou alors s'agit-il d'une découverte que le moine aurait faite lors de fouilles archéologiques ? N'oublions pas que Dom Bernard de Montfaucon (1655-1741) est né à Soulatgé dans l'Aude ... non loin de Serres (le S de Serres ?) et de Rennes-le-Château. La lance (de Longinus ?) permettrait-elle d'identifier le mort de Serres ?

Graffiti de Chinon



1672-1674 : Dom Bernard de Montfaucon passe 2 ans au Régiment du Languedoc où se trouve son parent le Marquis d’Hautpoul comme Capitaine. C'est sur les terres du Marquis d'Hautpoul que se trouve la clé de l'énigme.

Le blason des Hautpoul, derniers seigneurs de Rennes-le-Château





Le coeur flamboyant (en relief) nous renverrait-il au mont Cardou près de Serres ? Coeur vient du mot grec cardia, « coeur », de la racine indo-européenne kerd.

Le pont romain de Serres, la méridienne de Paris et le Cardou



Graffiti de Chinon



Une autre piste nous mène dans la région de l'Abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle qui appartenait à la Congrégation de Saint-Maur, et plus particulièrement dans le bois St Jacques.